RAPPORT DE BON VOYAZINAGE

 

English Version soon!

RAPPORT DE BON VOYAZINAGE

SadraKe

L’enfant SADRAKE

Le rap de bon voyazinage
est le récit des aventures d’un poème borgne qui un matin s’en alla demander sa part d’yeux en héritage à la face cachée des routes.
C’est aussi le récit des aventures de quatre gars d’Afrique, tous membres d’un groupe de Rap dont le nom est NEGRISSIM’ .
Le groupe parti du Cameroun en décembre 2001, a débarqué à Dakar en janvier 2003, en passant par les routes et les brousses imprévisibles de : Ngaoundéré, Garoua, Maroua, Maïduguri, Kano, Katsina, Jibiya, Maradi, Konni, Niamey, Makalondi, Kantchari, Ouagadougou, Bobo-dioulasso, Ségou, Bamako, Kayes, Kidira, Tambacounda, Kaolack, Diourbel et Mbour.
Depuis, nos quatre macabos imbibés d’huiles ne sont pas retournés au « Camer » où les attendent un public nombreux, des amis et des parents inquiets et curieux de savoir
Ce ki s’ pass’
Ce ki s’ cache
Ce ki s’ tchatche.
– Hé cousin qu’est-ce qu’il nous reste ?
(RAPPORT DE BON VOYAZINAGE)
OU
(RAP DE BON VOYAZINAGE)
Il nous reste à ouvrir nos pores
Aux poussières des routes jusqu’à éternuement
Marche de novembre
Sous une grosse boule de couscous lunaire
Une éternité d’oiseaux
Moi escorté par (ou Nous, escortés par une éternité d’oiseaux)
La pluie tombe
Le soleil et l’arc-en-ciel essayent de la relever
Ils n’y arrivent pas
Le soleil éclate en sanglots
La pluie tombe
Le soleil fend
La pluie braille
Le soleil fend
Je traverse Ongola-yaônnndê pour la dernière fois
Peut-être
La pluie tombe
Le soleil brûle (à ces moment- là, on dit chez nous
Que
L’éléphant accouche dans la forêt
D’une souris ?
D’un sourire ?
Des jumeaux peut-être…)
Je traverse…
04 déc. 2001
Si l’on meurt
C’est aujourd’hui de savoir
D’où s’écoule le ruisselet
Et ce que peuvent franchir les racines…
04 déc. 2001
Un départ ébouriffé
(Vanessa me crie
« Tu me gardes hein poème !?!,
Tu me gardes hein Sadrake !?!,
Tu me gardes hein NEGRISSIM‘!?!“ »)
Mais
Je suis loin (déjà)
Le train fume sa pipe
Je n’ai plus d’oreilles que pour les mondes secrets qu’il s’en va grave me
Révéler
Ici commence le rêve de liberté de nos larmes
04 décembre 2001
Il est 18h
Je traverse…
Tout le dedans de notre compartiment couchette
Clame l’interdiction de se pencher
Au dehors
Mais…C’est parti
Le train roule wash ! wash ! wash !
J’ai ma fenêtre
Comme une bande annonce de cinémascope
Wash !
Une lumière évadée de la somnolence
Wash !
Un village blotti dans la virginité
Wash !
Un autre dans le jaune d’œuf
D’une lampe tempête
Wash !
Celui-ci rit
Celui-ci fuit
Wash !
Celui-là dort
Dans la peur
Wash !
Dans la peur
Wash !
Dans la peur
Et là 2 joints
Yes !
Absorbés
Yes !
Par leurs pensées
Wash !
Je dirai fumantes
Prends-moi, OUI !
Croque-moi
Mange-moi
Mais ne me mords pas
Mon Amour
Écoute !
La nuit porte concert
Hiiissss !
Village ellipse
Yep !
Teuf teuf teuf
wOsh !
Tchouf tchouf tchouf
Wash !
Tchaf tchaf tchaf
Wosh…!
Le vieux train rumine
Sa ration de fer et de gravier dans la nuit fuyarde apeurée, criarde
Effrayée par le poids de nos rêves endormis debout
Effrayée
Par nos trains de vie râleurs et funambules
Hiisss !
Village englouti
Wash !
Dans la peur
Wash !
Dans la peur

Anesthésie générale
Teuf teuf teuf
Tchouf tchouf tchouf
Tchaf tchaff tchafff
Bulu boulou
Haya haya
Le vieux train rumine sa ration de fer et de gravier jusqu’au
Petit matin fantôme
Une végétation sapée brouillard
L’Histoire recommence ici
Il était une demie fois le futur simple
Ce train a des façons
De parachuter ses arrêts
Des façons
De plonger ses départs
Qui donne une faim d’anti-inflammatoires
À boire goûtant ou rêvant d’autres siècles
Surtout respecter la dose prescrite
Hiiasss
NEGRISSIM‘ s’en va vers le Nord Cameroun
Ou beaucoup plus loin encore
Qui
Sait ?
La végétation commence son long-long strip-tease
Le soleil doit bien jouir de ce
Pays
Wash
Près d’Adamaoua
Là-bas,
La terre bombe 9 ans et poussières de ventre
Le ciel seul sait qui a mis
Ce tyrannosaurus rex
Dans le ventre de mama Terre d’Adamaoua là-bas
Faudra une césarienne…
Hiass !
Le sourire blanc des champs de coton
Hiass !
Case en terre rouge cuite
Yeup !
Case-champignon
Case-calebasse
Case-marmite
Case-championne
Teuf teuf teuf
Tchouf tchouf Wash
Tchaf tchaf tchafff
Wash wash wash !
Le vieux Camrail
Rumine son éternelle ration
De fer et de gravier
Chaque arbre se presse de lui crier
La folie de ses dread-locks
À la loco qui s’motive
En fumant 3 pipes
Haya-haya
Boulou-boulou !
Hiyi hiyi
Yes !
3 hommes sous un arbre
Pause ombre
Wash
Ici un baobab embarrassé
Tous ces fruits, que va-t-il en faire ?
Wash
Là-bas, une grande mesure de vie antérieure, plus
Une demie mesure de vie postérieure, égal
4 vieilles vies dévouées au
Coton filtered
SWatch
Witch
Craft
Le train finit par s’arrêter à Ngaoundéré
Tout le monde passe sauf nous
<< Contrôle de police messieurs…>>
On a vraiment la tête à ça nous hein !
Enfin !
Un car pour GAROUA vite !
Nous sommes dedans
Le car roule jusqu’à la…
Quiétude
Vaut mieux pas que la « civilisation »
Vienne planter sa graine de MORTier de ce côté-ci maman
Vrroummm
Y’a longtemps que le train
S’est fait car
_________________Hiiassss !
Le car roule
Hiass
La route se déroule
Hiass
Le car roule jusqu’à BOUBA-N’DJITA
Ce pays est STRANGEMENT BEAU
Partout de grosses-grosses mottes de calcaire,
On dirait le caca d’un dieu préhistorique
Hiasss
Ça roule
Hiass
Ça roule
Yes
On roule jusqu’à la
Science-fiction+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
En plein Nord Cameroun++++++++++++++++++++++++++++++++
Quelques montagnes de l’Himalaya
Des monts venus des Appalaches plus
Des collines où se cacheraient des rebelles afghans,
Plus les montées d’Afrique
Et des mornes venus de je ne sais où…
Toutes les hauteurs de la Terre
Se sont comme données rendez-vous ici
À PITOA-GUIDER en plein Nord ou Extrême-Nord Cameroun
C’est la magie première
Collines monts et pics en colloque
C’est sérieux
Le thème est << Sphinx et pyramides futurs d’Afrique >>
C’est sérieux
Pitoa-Guider
Collines monts et pics en colloque
Sur l’architecture future d’Afrique
Oui mama
C’était la magie première
Vite !
Les feuilles des arbres se plient
Vite !
À la versatile volonté du vent
Vite !
Qu’ils sont
Beaux doux
Les baudets
Vite !
La paix
Vite !
La paix
Réglée au tic-tac
Du soleil et de la lune
La paix
Au rythme des mouches et des moustiques
Vite !
Le car roule
Vite !
La paix
Yes ! La paix
Et puis Wooooo
La guerre
La guerre
Relief de guerre
On s’approche de MAROUA
Ici c’est Mountourwa
Ces montagnes féroces de rocs fracassés
Frocossés même
Semblent lancer des ultimatums métalliques au ciel
<< Tu bouges, je t’éboule ! >>
Faut un passeport jaune
Pour passer… de l’autre côté des choses
Un passeport jaune et vert
Tacheté de rose
Pour aller dire la paix du coton
A ces armées montagneuses de rocs courroucés
Piipiiipppp
On roule
Pimm pOOOmm
33Km de
Montagnes velues d’or fin désintéressées
Wow !
Le soleil
Aïe !
Le soleil !
Ce soleil
T’enflamme la Terre
Jusqu’à ce qu’elle éclate en copeaux
D’écorce de goyavier
(Mais où sont donc les pompiers ?)
Partout le lit assoiffé des rivières
Dame pluie
Princesse des sables
A dû changer de chambre à couler-coucher
STOP
Nous sommes à MAROUA
Chef-lieu de la province de l’extrême-nord Cameroun
On va dormir chez Klop.
Ah ce vieux pote !!!
Qu’est-ce qu’il ne rappe plus depuis longtemps.
Rien à faire,
Nous allons le faire pour lui,
Inch’Allah

(Maroua 9-12-)
Le ciel est d’un bleu imprenable
Sur le squelette des rivières,
Vagues et foules, vagues et houles
De sables criblés de signes
Il nous faut la conjugaison
Au plus que présent
Des yeux du sorcier au crabe
Et d’un os de Champollion
Pour traduire à l’Humanité
Ces cryptogrammes jetés
D’une machine d’ufologue en manque de sexe
Maître corbeau veille sur la montagne
Là un soutien-gorge desséché
Se demande à haute voix
Ce que sera sa prochaine Vie
Piiiip-piiip !
Encore un peu d’eau de pluie ici
Les mains des enfants saluent notre passage
En essuie-glace
Mil et un sorgho
Devisent dans une paix verte
Passe
Ramadan
Dans la jupe des sables
Qui se soulève à tout vent
(La parole vraie ne résonne pas au tympan
Elle résonne à l’iris)
Nous devons repartir
Vrrroooummmm
La route est encore longue
Je pense à NGAOUNDERE, GAROUA, MAROUA,
Trois villes
Trois points de suspension
Ayayaye !
J’y repense jusqu’à
BANKI…
ville fantôme
Soudain
Le Nigéria…
Merde le naïdjéria.
Je dépense donc je suis…
Ici s’étend le domaine du méchant dieu Naïra.
Le peuple Haoussa lui voue un culte de jour
Un culte de nuit.
De l’adrénaline partout
Des photos de talibans partout
Et même pas de musique avec
Je puise ma force dans le sang du CHRIST et dans
L’iris des miens
Partis de MAÏDUGURI Lundi 10 Déc à 14 h dans un
Car
Rafistolé à l’aiguille et au fil
Nous arrivons à
KANO
À 2 h du matin complètement pulvérisés
Faut dire que le car en a mangées
Des ténèbres
Je dors d’un oeil et demi au milieu de 40
Bourlingueurs flanqués de rêves pâles…
Hiass
Petit matin de Kano
Un vieux Bob Marley
Secoue les coqs et les étoiles
Qui font la grasse matinée
Lil’ Darling
J’ai un croissant lunaire à portée de main
Mais sur la mamelle de qui vais-je le poser ?
Chair de poule mêlée de larmes
Le cœur s’étrangle à la montée des vides
Je suis né seul, C’est vrai
(Mais où est donc Moussa notre interprète
Nigérien rencontré à Maïduguri ?
Ah ! Le voilà. J’ai eu peur. Qui a dit qu’on
Parlait
Anglais au Nigéria ? Ici c’est le HAOUSSA et le
Naïra (la monnaie) qu’on parle avant tout. Le reste
N’est que surdités)
Woye !
Impatience dis-moi,
Où est la gare pour KATSINA ?
Ouh laaa
Cravate à l’estomac
Je sais d’où tu viens…
C’est la peur qui t’envoie à moi
Je sens que nous n’arriverons pas
Avant la fin des temps réglementaires…
Ce taxi roule à la pile plate
Walaï !
Avec tout le pétrole qu’il y’a sous nos pieds en plus
Il nous faut coûte que coûte nous frayer
Des raies de lumières
Dans cette jungle Haoussa
De Maïduguri à JIBIYA
Hiass
Kano-Katsina
Vrroooummm
Kano-Katsina
Piiiiippp
Kano-Katsina
Haya haya
Wyowoyo
Familles de hérons immaculés
Cherche eau dans un lac qui bat de l’aile
Hiass
Hiass
Hiass
Jibiya
Dernière ville avant le Niger
La frontière du cauchemar
Moussa a disparu
Avec notre confiance
Et l’argent que nous lui avions confié
Nous l’avons espéré de toutes nos tripes
Comme on espère un messie
Rien
Plantés sous un arbre
Au coeur d’une cour administrative
Nous avons attendu jusqu’à devenir louches
Et déjà la ville nous regarde
Comme on regarde des animaux curieux
Et déjà la ville nous encercle
Comme on encercle une meute
De bêtes dangereuses
Déjà on nous questionne
Mais nous n’entendons pas
Un traître mot de Haoussa
Nous ne baragouinons qu’un peu d’anglais
C’est la guerre à l’autre bout du pays
Je crois que cette ville nous prend pour des espions
C’est fait
Des types en tenues fâchées débarquent
Quelques uns m’emmènent derrière une moto
Les autres s’occupent de mes frères de route
C’est fait
Je sens encore venir l’absence de tout
On dirait que ce pays conspire
Contre tous les nouveaux visages
La moto s’arrête devant un petit bâtiment jaunâtre
Me voici dans une salle
Au milieu d’hommes en armes automatiques
On me demande mon passeport
On me questionne sur ma religion (mais quelle est la
Religion des poèmes ?)
J’essaye de rester Zen
On scrute mon regard
J’essaye de rester Aï
On m’annonce que mon voyage et celui de mes frères
S’arrête ici parce que nous allons nous faire mettre
Au
Cachot pour espionnage de guerre
Bon Dieu
Quelle nouvelle
On me donne une fiche à remplir

À ce moment Celui qui semblait être le chef me demande
En Anglais : „Quelle date on est aujourd’hui ?“. C’était
Le mardi 11 Décembre 01. Et moi j’ai répondu: “ Today
is TUESDAY eleven, as the day Ben Laden hit the United
States…
Quand j’ai dit ça, la Lumière !
Je l’ai je l’ai prise en plein dans la gueule…
Euphorie générale dans la salle
Toutes les armes automatiques me congratulent
Et tous leurs maîtres avec
Ils ont tous trouvé que j’étais un poème bien marrant.
Et qui méritait de continuer son voyage vers où il
Voulait.
La Liberté n’a pas de prix
Mardi 11 as the day Al Qaïda hit the You ess ééé
Ou
Tuesday eleven
Ou comment Ben Laden sauva la vie à un poème qui se
Baladait avec ses potes à l’autre bout du Naïdjéria
E-oh les gars!
Nous sommes libres !
Allons nous-en !
Quittons cet endroit up side down, ce coin djagadjaga
La Liberté n’a pas de prix ooo mama…
Confusion breaks bones
On réussit cahin-caha à quitter Jibiya en pleine
Nuit.
Les douaniers ne se privent pas
De nous „dépouille-fouille-fouiller “
Ça fait mal tous ces Naïras
Qu’ils nous prennent
Putain Qu’est ce qui nous reste ?
A quoi ça sert toutes ces déceptions en embuscade sur
Les routes
Putain
Qu’est-ce qu’il nous reste ?
Un ciel criblé d’étoiles imbibées de peurs (bleues)
Un territoire de ténèbres à avaler entières
Nous sommes au NIGER
Ici au moins on parle français
Et puis quoi encore !
Tout ça pour ça !
Shit !
Tout ça pour ça !
Le désert
Et rien
Même les mirages restent introuvables
Mais là…Juste Là,
Les lumières miraculeuses de MADARUFINA,
Pays de larmes qui ouvrent les yeux…à LA VIE
Mon Dieu Madarufina
Premier village avant Maradi la cité des Aladji.
Nous tombons chez Salaïma Moussa, vieil homme fier à
La barbe de taliban
Sourire vigoureux
Générosité imprenable
La classe !
Dieu est grand, et gros et étendu de loin en loin
Ce soir, on va dormir comme dans les légendes des
Siècles passés
On va dormir chez des HOMMES
Ici c’est l’AFRIQUE.
<< DORS EN PAIX, HOMME, d’où que tu viennes ! >>
Que tu t’appelles SUNDJAH, SADRAK, BOUDOR ou EVINDI,
Dors seulement…
Dors doucement…
Tu seras un HOMME, mon fils…
Un autre Soleil se lève
Adieu Madarufina
Lamasse, Salaïma, et toi le musicien du village,
Inch’Allah…
On se reverra
Hiass
Le car roule de MARADI à MADAOUA
Jusqu’à KONNI
Où les petites filles ont des visAGES d’OR
D’où s’écoulent des cheveux de jais
On aura le temps de bien les regarder
Puisque le car vient de tomber en panne
Je marche sur des braises bleues…
On est là…
Pendant 4 heures…
On est las…
Un Rap nigérien passe à la radio…
On est là au marché de Konni
Où pas grand monde ne déchiffre notre francophonie…
Nous sommes las…
C’est la nuit…
Nous sommes encore là bon Dieu…
Le désert nous attend encore…
La soif ne finit jamais
Tandis que le mécanicien raccommode nos espoirs…
On est là, las, là, las jusqu’à ce que le car redémarre
Dans les petits bruits de la nuit de Konni…
On roule, on râle,
On dort, on roule dans le désert
Jusqu’à << solani ! solani ! solani ! solani ! >>
On avance encore dans la nuit
De sables et de peurs primitives jusqu’à
<< solani ! solani ! solani ! >>
C’est quoi solani ?
C’est le lait frais que vendent
Les enfants partout où on s’arrête un peu.
La soif d’argent n’a d’égal que la soif d’eau et de
Lait frais
On y va !
<< solani ! solani ! >>
Cinquième vitesse !
<< solani ! solani ! >>
Piiipiiippp !
<< solani ! solani ! solani ! >>
Hiass
Ici c’est NIAMEY, capitale du NIGER couli-couli
La gare couli-couli nous montre son visage couli-couli
À 4h45 du matin
Niamey
L’industrie du sourire couli-couli
La frénésie de sables
Les taxis blancs
Tous blancs…
Les joints renversants…
Gros bols de lait Kossam…
Ébullition Rap au CCF
Plantes de pieds habillées au henné
Beignets de riz au couli-couli
Les filles ; je dirais fils noirs, voix d’oiseaux,
Beauté fulgurante…
Merde couli-couli !
J’ai plus un sou.
NEGRISSIM‘,
Qu’est-ce qu’il nous reste ?
Peut-être juste BOUKOKI (le quartier où nous créchons)
Un bloc de nuit tiraillé par
Le tourment des grillons
Même pas de quoi prendre un taxi
Il me reste à chanter
Si j’ te tchatch’
N’accepte pas Ôôô
N’accepte pas Ôôô
N’accepte pas Ôôô
Je n’ai rien
Je n’ai rien
Rien
Rien
Rien

Venu du poémonde avec 2, 3 francs
Avec toi je serai très franc
Bébé je n’ai rien
Rien
Rien
Rien
Si je te drague
N’accepte pas Ôôô
N’accepte pas Ôôô
N’accepte pas Ôôô
Chérie
Je n’ai rien
Je n’ai rien
Rien
Rien
Rien
Chez nous quand tu dis culture on pense au manioc
Crois-moi bébé je viens pas de New-york
Je n’ai rien
Rien
Même pas un vélo sans freins
Si j’ te tchatch’
Tchatchat-tchatchat-tchatche
N’accepte pas Ôôô
N’accepte pas Ôôô
Chérie
Je suis parti de Yaoundé…Des rêves plein les poches.
J’arrive des cauchemars plein la tête
Au Nigéria Moussa m’a escroqué
Les policiers m’ont dénaïrayé
Où sont les poètes
Où est la Musique
18h du matin
Pas de voiture
Pas de beaux habits
Pas d’eau glacée
Pas même un compte en banco
Si j’ te tchatch’
Tchatchat-tchatchat-tchatche
N’accepte pas Ôôô
N’accepte pas Ôôô
Chérie
Je n’ai rien
Rien
Que des larmes dans l’iris
Les politichiens ont tout mangé
Z’ont mangé la chair
Z’ont mangé les os
Chérie
Je n’ai rien
Rien
Même pas un vélo sans freins

Minuit
Je descends au WC
Une armée de cafards
Monte la garde du caca
Passe
21-12-
Fin d’après-midi à Niamey
Un homme marche seul penché
Dans sa main droite, 2 ciseaux
Sur l’épaule gauche
Une Singer à coudre
Et à recoudre
Ses larmes de peur et d’espérances
(Sur la route
Y’a pas ce qu’il y’a pas)
Hier on a marché sur le sable
Jusqu‘ à se faire des chaussettes de poussières
Je sens encore venir l’absence de Père Noël
Passe
Lundi-24
Haricots blancs
Pour 5 gars, 3 pains, et une bougie
Hiass
Mar-25-
Le ramadan a commencé le 16-Novembre
On l’a trouvé à Ngaoundéré
On l’a vu à Garoua chez Momo
Quartier Laïndé
On l’a croisé chez Arabo, Marouaré
On l’a vécu chez Klop, Maroua Palace
Je le croyais fini
Mais
D’où nous vient donc ce jour de jeûne ?
L’enfant Jésus nous entend discutailler
Du fond de nos poches vides
Jusqu’à 3 heures du matin…
L’homme qui voulait arriver vite fait son « je suis
Con,
Excusez-moi, je coule, serrez-moi la main »
La lune nous épie
Je repense à la cène
Si la Musique ne marche pas
Bon Dieu
Quel pan du ciel déchirerions-nous pour voiler nos
Faces ?
Il ne se passe rien
Une femme surgit dans mes heures
Je viens d’où
D’où vient-elle
ADIEU
Soir de Noël
Dans la nuit noire de Boukoki
Dieu soit loué
Une « full » de haricots blancs illuminent
5 visages, 3 pains, et une bougie
(Dédicace à Manimo Kader et à son groupe, Patrice,
Daniel, Black Daps etc…)
(Sur la route
Y’a pas ce qu’il y’a pas)
Yes !
Le fleuve Niger m’a soufflé ceci
« Coule, mais avec grâce
Comme la marche du chameau
Sur le silence du sable »
Passe
Ven-28-12
Faux départ pour Ouaga
Vrai retour vers tracas
Série noire :
On nous a arrêtés à Makalondi (le dernier poste de
Police nigérien) pour une histoire de 80 000 FCFA
Impayés
Mais les poèmes ne peuvent pas toujours avoir tout cet
Argent bon dieu…
La police c’est une machine
À protéger les criminels
D’abord les criminels
Pas les poèmes
Laissez-moi tenter de vous expliquer.
Ils ont descendu nos bagages du bus SNTN qui nous
Conduisait vers Ouagadougou-notre-ESPOIR. Ils nous ont
Fait mijoter au soleil avant de nous planquer derrière
Une camionnette qui nous a ramenés sous escorte jusqu’à
Niamey…
Faux départ pour Ouaga
Vrai retour vers tracas…
Série noire.
Une route enfumée de poussières incomestibles
Une piste de gorges nouées
La police des frontières
C’est une machine à emboutir les poèmes
A‘ Niamey On nous a coffrés à la DST ou quelque chose comme ça.
4 Hommes et un poème en prison
4 Passeports verts, retenus dans le noir
-Allez chercher l’argent si ça vous chante. Quand vous
Aurez les 80 000, vous viendrez chercher vos
Passeports.
Nous revoilà dehors !
Mais le monde se cloisonne ; de nos jours
Qu’est-ce que la liberté sans passeport ?
Nous revoilà dehors. Sans le sou pour continuer la
Route vers l’ESPOIR.
Nous sommes retournés à la gare SNTN. Nous avons dû
Mentir au chef de gare que l’un de nous avait eu une
Crise d’épilepsie à Torodi-tessam. Nous a-t-il cru ?
Enfin il a dit : << D’accord les enfants, je suis désolé Pour vous. Je vous mettrai gratis dans le prochain bus Pour Ouaga. Il part dans quelques jours (en attendant Vous mangerez les cailloux, vous boirez l’eau des Chiottes et vous écrirez des chansons. La vie c’est Ça). >> Ok…soit
On a marché
On a cherché
On a vendu des pagnes pour
Dormir en paix avec nos ventres
Sur des bancs durs
5h du matin : réveil paramilitaire
Sous des lumières brutales :
Allaaaaaaaahou Akbar !!!
Dieu est grand
Mais la misère n’est pas un petit dè !
Ce 29 déc 01
La famine organise tout
Il ne s’agit plus de juste manger
Il faut manger juste
Walaï !
Dim-30-12-Matin
Les voitures écrasent mon ombre
Sur le pont de Niamey
Le soleil cueille à froid dans le dos
Je marche drapé de rêves
Cerné de vents, courbé d’oubli
Trois grosses craintes écrasent mon crâne
Si je plonge dans le Niger
Je suis libre comme ces canards
Qui brodent leur Dimanche dessus
Passe
(…)
31 Décembre
Re 5h du matin
Allaaaaaaaaaaaahou Akbar
La misère n’est pas un petit
Mais Dieu est le PLUS GRAND
Heureusement !
Les oiseaux sont partis !
Niamey c’est fini.
Ils y reviendront Inch’allah avec d’autres chants
D’autres vents, d’autres folies…d’autres courages aussi
Yeup !
Cap sur…
OUAGADOUGOU
Nous avions bien prévenu le chauffeur !
-Écoute, nous n’avons pas nos passeports, ils sont
Restés à la DST. Pour l’amour de Dieu, viens-nous en
Aide ! À 2 ou 3km de Makalondi, arrête ton bus, nous
Descendrons pour contourner la police par les champs.
Nous n’avons pas nos papiers, nous n’avons pas 80 000,
Nous n’avons que des espoirs avec nous.
-D’accord, vous en fait pas les gars, je vais vous
Aider. Moi aussi j’ai fait l’aventure, je sais ce que
C’est. D’ailleurs c’est moi qui conduisais l’autre
Jour quand Makalondi vous a arrêtés…
Et pourtant il a trouvé le moyen de stopper son bus
Juste devant la police de Makalondi. Avait-il oublié
Ce qu’on s’était dit ? J’en sais rien…Il y a 3
Portes. Trois policiers décidés se mettent devant les
Trois portes.
<< Contrôle passeport méssié dame et técérat >>
Mon Dieu, ils vont nous capturer encore
Nous coffrer encore
Nous emprisonner encore
L’adrénaline devant, derrière
Dessus, dessous
Ils vont nous bloquer encore ?
Ah ça non !
Vive le sport !
Je sors par la fenêtre droite du bus…
Et je cours
Et je run
Et je file
Au loin j’entends le bruit d’une moto qui se
Rapproche. Peut-être essaie-t-on de me rattraper
Et je marathon-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_
Et je me cache, gorge serrée
Coeur noué, ventre affamé
Et je marche au bord du craquement
Tandis que les autres se font dépiécer
Là-bas au poste, qui sait ?
La Terre de mes ancêtres
Se dérobe sous mes pieds
Sur le chemin
C’est à peine si je vois
Ces paysans zarma à vélo
Des femmes mille-couleurs
Aux fronts sertis de miroirs
Me jettent des débris de sourires
Y’a dans ce paysage de quoi détruire
Ou refaire un Homme
Les gars sont restés là-bas au poste
Et moi je marche seul vers l’Espoir de trouver
80 foutus mille francs
Et moi je marche, poème solitaire, dans ces ronces que
Je connais pas
Seul parmi ces herbes qui ne me connaissent pas
Seul sur cette route de colères rouges amèr(es)
Nous avions bien prévenu le chauffeur pourtant…
Je n’ai pas pu résister
Ici j’ai maudit l’afrik, Man
Jamais de mémoire de poème, je ne me suis senti si
Mal…
Ici j’ai marché tête baissée, mes AMIS
Et j’ai maudit l’afrik des congrès extraordinaires
Qui n’accouchent que des souris
Et J’ai maudit l’afrik des frontières fratricides
Et maudit l’afrik qui divise
Pour [ne] même pas mieux régner
Ici (peu après Makalondi) je me suis senti coupable de
Tenter d’exister
Et j’ai maudit l’afrik des impolice-men et des béni
Oui oui
J’ai maudit l’afrik qui casse les pieds aux poèmes,
Et qui travaille à tuer le rêve dans l’oeuf. Je l’ai
Rebaptisée affrouk. Je l’ai maudite !
Et j’ai pleuré…
C’est peut-être ça la fin des temps

J’avais pas fini d’espérer
Quand le bus a débouché à l’horizon poussiéreux.
Lorsque je suis monté, tous les passagers ont applaudi.
Ils se demandaient où j’étais passé. Mes compagnons de
Route étaient, (Miracle !) tous dans le bus. Au poste de
Police, la main bienveillante d’un ange a dû fermer
L’oeil et la gueule des policiers… (je vous
Raconterai + tard)
Pipiiipp !
Le car roule
La route étend sa nuque et
Ses vertèbres le long de la savane
La vie est belle ou presque…
Jusqu’à 3km de
Kantchari-ici-le-Burkina Faso
Pays des hommes intègres
Drapeau vert-rouge
Frappé d’une étoile jaune
Vrroum vrroummm
L’aventure bat son plein de péripéties
Nous sommes obligés de descendre du bus
Pour contourner cette nouvelle barrière policière
Les baobabs de Kantchari me sont témoins
Je n’ai jamais cessé d’aller de l’avant
Quand les routes officielles
Me refusaient le passage
J’ai continué de courir
Comme un sioux wanted
Et je demande pardon aux laboureurs
Dont j’ai piétiné les plantations dans ma course
Emballée vers le futur simple
Je suis l’enfant
Qui alla chercher le Liboï li n’Kun’dung
Le tambour Sacré des aïeux
Aux pays des fantômes
Je suis le poème cascadeur, le lutteur juvénile
Appelez-moi Arthur Rambo
Si j’ai fait la guerre aux récoltes d’autrui,
C’est que je voulais d’autres couleurs
Pour faire mes peintures rapestres
Mais nous avons encore roulé jusqu’à perte de jour…
Hiass
Ouagoudaga n’est plus loin me dit-on
La nuit ronfle à l’entrée de la ville
Nous dormons à la petite étoile,
Aux feux d’artifice
Et aux bruits de pétards, bruits de pétards
Juste là à l’entrée de la ville
Nous avons pourtant jeté des S.O.S
Dans l’harmattan qui siffle
N’empêche
Ce soir on dort sur le gravier
Près d’une cabine téléphonique
Juste là près de la tombe du capitaine Thomas (l’homme du 04 août)
C’est le 31 Décembre
4 rappeurs et un poème dorment sur des étoffes de
Douleur
À même le gravier
Près d’une cabine téléphonique
La musique joue au loin
… Bonne année les gars
Bonne Année NEGRISSIM‘ !!!
Il nous reste à conquérir les chances du ciel
Couchées dans l’argent de la lune
Passe
On a marché
On a cherché
On a trouvé un nid…
La vie est belle !!!
Le 09 Février nous étions avec
YELEEN, la lumière
On a mis le feu au CCF
Georges Méliès
Nos nouveaux matelas sont dans la maison
Je vous dis que la Vie est belle
Passe
Petit matin de Ouagadougou
Les oiseaux tissent
5, 6 brindilles de musique
Je me lève Hop ! éclair
FEU ! sur un joint du tonnerre !
On est en Février
Le soleil sort en dictateur
Il se croit en Avril
44 degrés à l’ombre !
De quoi cuire jusqu’à éclipser le bel orgueil
Qui s’étire rue Moro Naba Oubri
Je m’en fous, faut que je sorte
Même l’escargot ne mange pas en restant planté
Là !
Je sors tandis que le Vent même cherche de
L’ombre.
Les feuilles mortes crient vengeance sous mes pas.
Qu’est-ce que je vais faire de cette immense
Journée que le ciel se plaît à jeter sur mes épaules
Desséchées ?
Bon Dieu !
Si j’avais une fronde aussi
Grande que la tour Eiffel,
Je lui crèverais son œil au beurre blanc
À ce soleil fanfaron
Il me reste à trouver une fille en fraîcheur ;
Avec le temps qu’il fait, ça sert à rien une
Fille en chaleur. IL me faut un sourire frais, des
Lèvres fraîches, des paroles fraîches. Après, je
Pourrais chanter au tempo du vent, si je veux, avec
Une petite famille d’oiseaux pour choristes. Après je
Pourrais conjuguer quelques verbes du quatrième groupe.
Et puis Après, je pourrais aller voir << JAZZY >> de ta
Part. Bon Dieu, quel piment va-t-elle encore mettre
Dans ses façons ?
Le piment rouge ou le piment jaune ?
Je te le dirai bien la prochaine fois.
Je te kiffe bien toi. J’espère que tout ira bien.
J’ai eu Paolo au Téléphone…Super !
Evindi, Sundjah et Boudor,
Te passent leur meilleure paix
A‘ +
On est où là ?
Les motos vrombissent dans la ville
L’harmattan troue les narines
Il est une compagnie d’oiseaux
Qui s’amusent à faire et refaire
<< Des figures, des visages >> au ciel
Un ange passe
Un cheval part
Des ombres viennent
Un Soleil rage
Une bière cooooooool
Un ange…Peace !
Un „fée -man“ crie
Un autre science
Un autre mange
Son grand poisson braisé en sciençant sur ses dièzz
Un autre vient
Un autre part dans ses réflexions fumosophiques
Y‘ a que ça dans cette cour…
Des „fée – men“, des shiba-men,
Des tchoukas, des escrocs, des mougous, des enchanteurs,
Des inventeurs de billets, des „fabricateurs“ d’argent
Des << vends-moi-ta-femme >>
<< Vends-moi-tes-guerres >>
<< Deale-moi-tes-peurs >>
<< Je ne vole pas les coqs,
Je fabrique l’argent,
L’argent d’avant et l’argent d’après, je fabrique, je vends. Et si tu m’énerves,
Je rachète en dollars,
J’achète en noble
Tu m’as pris pour qui ? C’est quoi cette histoire ?
Je reviens de Djakarta,
J’achète l’argent d’avant,
L’argent d’aujourd’hui et l’argent de demain,
J’achète,
Je vends…Je perds..
Venez me tromper Messieurs !
J’achète seulement !
J’achète en euros
J’achète en mensonges,
J’achète en gros,
En long en large, en détail ma soeur.
Tu m’as pris pour qui ?
Je ne vole pas des poussins dans les cours communes moi…
C’est quoi ces histoires ?
D’abord…
Pour commencer là là là …
J’achète tout le bar…
Vous êtes punis messieurs…
Bières à volonté pour tous jusqu’au matin…
Et que personne ne bouge !
Vous avez déjà vu quoi ?
Man no run !
Des gars trop „forts“ !
On va „même“ faire comment ééé mama ? On attaque le troisième << millé-nerfs >> à vif, non ?
Je sors dans la rue comme j’aime
L’harmattan pique les narines
Les motos ronflent dans la nuit simple
Une petite bière et un bon son tournent dans ma grosse tête
L’heure n’est pas aux doutes cartésiens ou non.
La musique que j’entends en moi est sublime :
Un choeur de voix lactées
Sur un beat de rap << chan-mé >>.
Le coeur se dilate, se dilate
Gagne en taille bien plus que cinq continents
***Je marche un, deux…
Baignant dans une myriade de lumières protectrices
Je suis le boy-friend des colombes qui m’escortent
Le compagnon de route des anges dévoués à la félicité
Des fleurs…
Des routes se mêlent de mon bonheur qui éclate ici et maintenant comme un pop-corn éclate de Joie dans une huile de palme
Ou dans une huile d’olive enchantée par le Feu
Je suis le voyageur
Le voya-joueur
Mon amour n’est pas peur, je suis ton garde du coeur
Des pigeons violacés pépient à mon passage, des êtres de bienveillance viennent. Ils tiennent dans leurs mains, des rameaux d’or et de l’encens parfumé.
Alors je cours, je saute, je plane, je marche je danse et je chante mon amour de la Terre à ensemencer très sérieusement…***
Bim
Bam
Boum
Réveil brutal
Dehors…
Déjà ça parle…
Ça me dit
Là-bas à la paroisse Ouidi-la-paix
Le tamtam de Jean bosco
Réclame le culte à emballer demain matin.
Deux mouches s’accouplent sur ma feuille
En perte blanche
Trois pigeons tout tourtereaux
Murmurent au Soleil d’adoucir ses mœurs
Le soleil s’en fout
Le vent même n’y peut rien
Le tamtam Jérusalem
Répète le culte à vrombir demain matin
Les heures s’entassent dans les crevasses
Le ciel parachute la nuit dans la ville
Une bande de pop-corn
Pète de peur dans ma poêle
La lune explose dans le ciel
Ce soir pour vivre heureuses
Les étoiles se sont cachées
Le tamtam cauchemarde
Seul dans sa chambre
La nuit ronge de loin en loin
Ceci est une fosse commune
Ci-gisent que des hoquets étouffés
La nuit ronge de proche en proche
Le cœur s’étrangle à la montée des vides
Mais où êtes-vous
Bon Dieu
Où sont-ils
Où êtes-vous ?
Ce matin
La poussière fait mouche
Les mouches font chier des
Poussières mêlées d’eaux rouillées
Ouagadougou
Si tes rues s’en pêle-mêlent les pédales
C’est que tes grands-mères même
Ont dans le sang assez de vélo
Pour braver les rayons
Et pour briser les chaînes
De ton soleil malintentionné
Je sais comme elle est frivole
Ta poussière
Et comme tes mouches
Savent grave partir en vrille
En vrac, en rodéo
Passe
Ce jour à
Bilbalogho
Maquis chez tantie M (paix à son âme)
Il nous reste un texas-ghetto
Vert-rouge-jaune
Une cour commune
Où se tourne un long-long
Western mauvais-riz
Hiass
Ouaga je t’aime et tes filles me le rendent bien. Heureusement !
Hiass
Le temps d’une grossesse
S’entasse dans les archives
Ce 13 Décembre 2 mille combien
Nous quittons Ouaga pour Bamako
J’ai perdu 3 000 FCFA au départ
Mais rien ne manque à mon âme, j’espère
C’est reparti !
Bobo-dioulasso, je te salue !
Eékiéee !
Ségou, légende…
Je te passe la paix
Et les s.o.s
Des arbres de ma forêt équato
Vrrroummmm
Haya haya
Woyo woyo
Bamako de très petit matin…
Ça parle de rébellion ivoirienne
Ça parle des belles gazelles du Sénégal
Ça parle du soldat qui avait des
Gris-gris anti-balles
Wèwèye !
Bavardages ensommeillés
Jusqu’au petit matin
On va faire comment ?
On a marché on a cherché
On a trouvé l’hospitalité
Bamako de grand matin
J’aime toutes tes bougou
Et tes soirées danse
Et tes musiques WAOUH !!!
Et tes moutons grillés

Laisse-moi te dire que
Ton fils Mouss Diallo
Nous a offert la meilleure bouillie
Et le meilleur lit-pain-haricot
De Magnabougou
Mais nous devons repartir
Que la Paix soit avec toi…
J’irai partout faire la mienne tu sais
J’irai à travers les routes initiatiques d’Afrique
J’irai en Amérique (si Dieu le veut)
J’irai en Asie
J’irai Dans l’Antarctique
J’irai partout faire la paix avec moi-même…
Je demande pardon pour les actes de bienveillance que j’ai manqués
Je demande pardon pour les sourires de délivrance que je n’ai pas donnés
Je demande pardon aux choses et aux gens que j’aurais dû caresser mais que j’ai brutalisés
C’est la peur qui m’a dérangé
Je demande pardon au monde entier
Et je prie pour que la lumière nous soit ajoutée en quantités astronomiques
Pour aller partout faire la paix avec nous-mêmes
Du cap au Caire, du Cap vert aux Comores, en passant par le Sénégal et le Camer
Hiass
Chemin de fer et de roses piquantes
Le train Bamako-Dakar
A failli nous coûter la vie
Il ne voulait pas de nous tous en fait
C’est pas bien grave
Nous prendrons le Bamako-Kayes
Plus une camionnette pour rejoindre Boudor à Dakar
Si l’argent vient booster le poème

Des heures étouffées passent
Et il vient, l’argent
Hiss
Bamako, mon dieu quel départ encore ébouriffé ! Quel départ “m’brakata” ! Kesskon a fait pour mériter ça ? Le train s’en va sous nos yeux. Vite faut qu’on saute dedans. Vite……Encore du suspens punaise
Jusqu’à kayes
Hiss
Chemin de fer et de sahel
Du matin jusqu’au milieu de la nuit
Hiss
Hiss
Kayes
Stop
Il nous faut rejoindre Dakar
Pour finir un peu
Stop
Encore une longue marche
Dans des républiques inconnues
Stop
Kayes-kidira-
Stop
Tambacounda
Stop
La fatigue avec
Stop
Et puis je vous répète que
La police c’est une machine
À escroquer les poèmes
D’abord les poèmes
Pas les gros hommes d’affaires ventrus
Stop
Mais les amis nous ont envoyé un Western oignon
On l’a mis dans la sauce et dans les tickets de
Transport
Donc FEU VERT jusqu’à n’DAKARu-n’diaye
Tchoukou – tchoukou
Tchaka – tchaka
Haya haya
Woyo woyo, Pipiiiiiiip ! 15 heures de routes, Yes Aï !
En direct de chez Mama Tall,
Message à tous les poèmes en chantier
Assala Maleikoum !!!
Je vous embrasse de Dakar
Quartier-pikine-tally-bou-mack où je glisse (comme un
Gros boa)
En toute liberté depuis le 21 Décembre de l’année passée.
Je vais bien. Tous mes compagnons de l’école du micro en bambou, aussi.
Dieu soit loué ! Les routes de la vie ne sont pas toujours faciles à traverser.
Fallait nous voir quand nous avons débarqué à Dakar-colobane.
Nous étions comme bardés de poussières de MARS.
J’espère que vous allez tous bien, mes Amis.
Excusez-moi entièrement pour le mal
Que je vous aurais fait sans le savoir au cours de l’année dernière
De tout coeur je vous souhaite le meilleur pour cette nouvelle année
MERCI pour tout ce que vous faites pour moi de près ou de loin.
Puisse le vent, prêter ses plus belles ailes à vos projets
Messieurs, mesdames, mesdemoiselles
Je vous embrasse
Le Poème en marche“
PS :
Un coq vient de chanter à la gloire des << tangana >>
Qui sentent bon le cube Magie avec étoile.
Ça va encore N’diaga-ndiayer dans tout Dk aujourd’hui.
Le charretier qui tape trop son cheval va sûrement
Arriver bientôt, pour livrer le pain riche
(C’est tout Hlm-grand-médine qui va être
Content. Je crois que je vais m’en prendre un, à
Crédit chez Diallo, que je mangerai avec du thon et
Un café Touba bou tangueu tangueu)

„Un pas vers l’avant“
Je vous signale
Le soleil de Dakar n’est pas souvent matinal
Ces temps-ci
… « mais le poème s’en fout, ses potes et lui,
Ont marché sous la lune
Marché sur les pierres
Marché sur les dunes
…bravé le fer
Dormi dans le feu
Dormi dans le froid
Cette Musique surgit du pays des larmes qui
Ouvrent les yeux
Si tu l’entends où que tu sois que la Force soit avec
TOI !
Si tu m’entends lève-toi et marche ! La vie c’est
Ça. Et si tu vas mal, plante pas un Homme sous
Prétexte qu’il te fait de l’ombre, plante un arbre !
E yo MAN
« C’est l’Esprit qui parle »
„Un pas,
Encore un pas vers l’Avant“
Jusqu’au Septième moi(s)
Il est 18 heures sur Dakar
Les oiseaux reviennent du soleil
La nuit tombe sur la mer
Étalée offerte
La lune pleine de couscous
Répand son onction de lumière sur la mer
Étalée, offerte
Allo…Hervé, tu m’entends ?
Allo…Nancy…toujours là ?
Allo…
Ici le Voyajoueur…
Il a plu sur Dakar ce matin
Mon âme s’inonde de nostalgies
Il a plu sur Dakar ce matin
Et mes larmes voudraient couler aussi
Moi qui ne voulais que rapper
Moi qui ne voulais que chanter
Moi qui ne voulais que Construire
À la Lumière ne serait-ce que d’une lampe tempête
Il a plu sur DK ce matin
Et je me souviens
Des jours heureux de mon enfance
Où les chimpanzés s’amusaient
À traverser le Ciel et la Terre
En Equilibre
Sur des fils électriques haute tension
„C’était demain“ déjà,
Qui sait ?
©2013_CrossingBoundariesOfDoubt/SadraK